Nous souhaitons tous que notre vie soit stable, jalonnée de repères clairs et stables qui nous permettent de croire que nous sommes maîtres de notre vie. Cette volonté nous pousse à nous masquer les yeux ou à jouer à l’autruche dès que les signes manifestes d’un changement se pointent, jusqu’au moment où nous somme acculés et nous nous plaignons, soit de l’injustice, soit de ne pas avoir vu venir ce changement. Bref, nous ne nous préparons pas.
A bien y regarder, la vie est paradoxale puisque seule les transitions sont constantes. Nous passons de phases en passages (souvent lorsqu’on change d’âge), nous passons d’un état émotionnel à un autre et ce plusieurs fois par jour, nous passons d’un état physique à autre, nous passons d’une activité à une autre… Nous passons notre temps à changer sans se rendre compte que c’est cette variété qui nous motive, nous porte, nous exalte. Imaginez faire qu’une seule chose avec le même état et la même sensation ne fusse qu’une heure…ne deviendriez-vous pas fou?
Le paradoxe s’insinue également dans le fait que toutes ces transitions suivent le même processus, qu’elles soient une évolution normale, positive, ou un événement imprévu (on parle alors de deuil). Il y a donc une constante dans le changement. C’est le rôle du coach que d’accompagner l’individu le long de cette constante. Le coach s’attache d’avantage au processus qu’au fait de s’arrêter à chaque niveau et d’explorer le contenu. L’image est celle d’un gentleman qui donne la main à une dame pour l’aider à passer d’une marche à l’autre, il ne s’attarde pas sur la marche, à moins de vouloir embrasser la belle.
LE processus de transition positive: il s’agit de l’évolution normale, attendue de quelque chose, comme le lancement d’un projet, le départ en vacances, téléphoner à son amoureux à une heure donnée…
- Phase de conception: Il s’agit de la préparation du projet, la compulsion d’information,s la définition de dates ou de moyens, l’analyse des bénéfices. Il s’agit de tout ce qui se passe avant que l’événement n’arrive.
- Phase de consolidation: Le lancement s’est bien déroulé (ou pas) et maintenant il s’agit d’ancrer les choses dans le temps. C’est souvent à ce stade-ci que la tension augmente parce qu’on ne s’était pas rendu compte de la difficulté et de la complexité de l’événement.
- Phase de maturation: Le temps créé l’expérience et des automatismes se dégagent. Il est possible de commencer à définir les retombées et bénéfices concret de l’événement.
- Phase de déclin: Une lassitude s’installe, on a fait le tour des choses et on pense déjà au projet suivant. L’attention est diffuse et la prestation inégale. On est prêt à partir et on finalise les choses à expédier pour assurer la fin.
- Phase de fin: Le projet est fini, tout est bouclé.
LE processus de transition inattendue, de deuil: il s’agit de choses qu’on ne voit pas venir et qui nous heurtent ou nous privent de quelque chose d’important à nos yeux. La perte d’un être cher, un licenciement, un rachat…
- Le déni: Le choc est tel qu’on ne peut voir ce qui se passe ni ressentir les émotions qui nous bousculent.
- La colère: Le temps ou la distanciation permettent de se rendre compte de la perte ou du choc qui poussent à refuser cette réalité, considérée comme injuste, dure, ingérable… Il peut y a voir du marchandage à cette étape, on négocie des conditions, on succombe au chantage.
- La dépression: Las, dépité, la dépression et la tristesse s’installent. Elles permettent de vider le sac de souffrance et de se préparer à la suite. C’est lors de cette phase qu’on se rend tout doucement compte qu’on a pas “tout perdu”, que l’on peut encore vivre et avancer parce que ce qu’on a perdu n’est pas tout de nous.
- L’acceptation: L’énergie vitale revient, on accepte ce qui se passe et on parvient enfin à voir que ce terrible événement porte en réalité des opportunités. C’est le début de l’éveil, de la création, d’un nouveau départ.
- Le départ: La vie s’organise et reprend son cours normal.
Le rôle du coach est systémique, puisqu’il accompagne un individu à passer d’étape en étape, sans jamais s’attarder au contenu d’une étape. C’est aussi accompagner à passer d’un état à un autre, d’un comportement à un autre. Ce ne sont ni les états ni les comportements sur lesquels il se focalise.
Ce faisant, le coach met en lumière l’aspect stable de toute transition, ce qui, en soit, rassure l’individu et lui permet de se préparer, de réaliser et de terminer la transition avec efficacité, sérénité et puissance.
La crise actuelle ne fait pas défaut à ce concept. Elle est un passage vers autre chose et ce n’est pas tant de savoir si elle ressemble à la crise de 29 ou en quoi elle consiste qui importe que de se préparer à ce qu’elle annonce: un changement. Les coachs vous aident dans cette démarche.


