J’entends beaucoup d’entreprises se plaindre de la pauvre qualité des vendeurs, certains avouant même qu’il n’y a plus de bon vendeurs.
Ce constat est affolant dans une société capitaliste où la vente et l’achat sont le moteur de l’offre et la demande. Sans vendeur, pas de client. Pas de client, pas d’argent. La suite est claire pour tout le monde.
Sans doute que l’évolution des moeurs et des valeurs y sont pour quelque chose. Pour moi, c’est avant tout un problème de valorisation.
On ne veut pas être vendeur (combien de jeunes déclarent, souriant, que plus tard ils seront vendeurs?), on le devient faute de mieux. Le terme vendeur fait inmanquablement penser au colporteur d’aspirateur qui sonne à la porte avec un grand sourire et l’intention manifeste de vous arnaquer. Et si ce n’est pas à la porte, c’est alors le vendeur de voiture qui vous ment et vous dupe. Bref, peu de qualificatifs positifs décrivent le vendeur.
Ce qui est fort déplaisant parce que, à y regarder de plus près, cette profession est somptueuse et tout à fait délicate.
Tout d’abord, elle nécessite d’aimer et de comprendre l’humain. Ces deux aspects anodins de la même pièce semblent faciles, or, vous connaissez-vous vous même? Non. Ce qui relève d’autant plus les mérites du vendeur qui comprend votre comportement, votre mode de fonctionnement, s’adapte aux différences, ajuste son discours et son attitude à votre profil et vous accueille tel un ami. Le vendeur est un peu ce magicien qui sait avant vous comment vous allez vous comportez.
Ensuite, le vendeur est un excellent communicateur. Or, la communication est un art. Difficile donc d’en maîtriser tous les aspects. Et pourtant, un bon vendeur parvient à trouver les mots justes qui vous donnent confiance, vous inspire et vous incite à acheter. Comment fait-il? A nouveau, c’est un magicien…
Enfin, le vendeur est pro actif et commercial, c’est-à-dire que son cerveau va plus vite que celui de tout un chacun pour effectuer des liens entre les informations qu’il traite tout aussi rapidement. C’est pour cela qu’il nous paraît plus rapide. Il vous propose avant que vous ne demandiez, il vous contacte avant que vous ne l’espériez, il vous complimente avant que vous ne vous y attendiez. Bref, il détecte, connecte et communique très rapidement.
Tant que la fonction de vendeur sera perçue négativement comme manipulatrice, roublarde, déplacée, il est fort probable que la qualité des vendeurs stagne. Par contre, si on reconnait les aptitudes d’influence positives (rassurer lors de la prise de risque liée à un achat…) et les compétences multiples (communication, psychologie, négociation…) que la fonction requière, alors il est possible qu’un jour les jeunes disent: “plus tard, quand je serai grand, je serai vendeur”.


