N’avons-nous pas tous l’envie de manger des aliments sains, de vivre dans un environnement moins bruyant et équilibré, de bénéficier de moins de circulation, d’avoir un travail qui nous émancipe, de laisser un monde propre à nos enfants, de vivre dans le respect de soi et de l’autre, etc?
C’est à cela que mène la décroissance, ce concept que je viens de découvrir dans l’article percutant de Serge Latouche (Le Monde Diplomatique 2003). Il m’a à ce point touché que je souhaite lui dédier cette réflexion.
On nous rebat les oreilles avec le message pessimiste que nous sommes allés trop loin en terme de pollution et qu’il est même trop tard pour agir (en référence au film “Home” de Yann Arthus-Bertrand). Or, selon la théorie de l’économiste français, nous avons des moyens d’action pour diminuer notre impact écologique sur la planète, de réduire la pollution et d’offrir plus d’emploi.
Bien entendu, ces actions nécessitent un changement de modèle et de référence assez radical qui vient titiller la coache que je suis comme un très beau défi réalisable. Ce qui me plait particulièrement, c’est qu’il parvient, ainsi que d’autre, à défier la pensée unique ambiante qui veut que le bonheur, le succès ou l’évolution ne peut passer que par la croissance, et de préférence à deux chiffres, ce qui détruit d’autant plus notre planète et notre équilibre sociétal.
Même si l’approche peut sembler naïve, pour s’opposer à la croissance parlons de décroissance, elle est en réalité puissante. D’abord, parce qu’elle présente en quoi la croissance est des plus néfastes en expliquant que l’élévation du niveau de vie est en réalité une illusion parce qu’elle ne tient pas compte de l’élévation des coûts liés à certaines denrées raréfiées (bouteilles d’eau, matière première), à la dégradation de la qualité de vie (l’eau, l’air et l’environnement), et aux actions de compensation (médicaments, transport, loisir).
On a beau le savoir, comme le dit Serge Latouche, “tout cela ne suffit malheureusement pas pour nous amener à quitter le bolide qui nous mène droit dans le mur et à embarquer dans la direction opposé”. En réalité, la décroissance est une nécessité. Comme il est nécessaire dans un coaching de remettre en question quelques idées reçues et trop fortement ancrées qui plombent les ressources d’une personne (ici de la planète). On sait qu’on puise plus que la planète ne peut supporter, l’empêchant de se régénérer. Nous sommes aveugler par le mythe de l’Homme-Dieu qui pense pouvoir recréer artificiellement ce que la terre produit naturellement. Le réveil sera douloureux.
Voici ce que la décroissance propose:
- réduire le poids sur l’environnement des charges qui n’apportent aucune satisfaction
- la remise en questions du volume des déplacements des humains et des marchandises, et leur impact négatif (une sorte de relocalisation de l’économie)
- revoir l’impact de la publicité tapageuse néfaste
- reconsidérer l’obsolescence des produits et appareils jetables dont le but est de faire tourner encore plus vite la machine de la surconsommation
Le paradoxe est que pour atteindre la décroissance, il est nécessaire de sortir de l’économie, en somme, de penser hors de la boite (ce que les grosses “boites” demandent à leurs employés mais n’appliquent pas ). Il s’agit de repenser l’impact de l’économie dans nos vies, dans nos têtes. Serge Latouche propose une approche en 6 “r”:
- réévaluer
- restructurer
- redistribuer
- réduire
- réutiliser
- recycler
Cette remise en question mène à de nouvelles valeurs, comme le coaching, à savoir l’altruisme au lieu de l’égoïsme, la coopération à la place de la compétition, le plaisir du loisir plutôt que l’obsession du travail, l’importance de la vie sociale sur la surconsommation, le goût du bel ouvrage et non le productivisme, le raisonnable sur le rationnel…
Ces valeurs sont proches d’une attitude coach et du processus de coaching. De plus, le coaching est un outil très intéressant pour assurer la transition vers cette nouvelle économie de la décroissance, en douceur et avec sérénité. Sachant que le coaching est un outil efficace qui a un taux de réussite de 99 % et un ROI à faire pâlir les grandes entreprises, cela donne envie de sauter dans cette belle voiture de la décroissance qui nous mène vers l’économie durable et la qualité de vie abordable.


